Introduction

L’objectif de cette fiche d’information est d’aider à comprendre les difficultés auxquelles peuvent être confrontés-es les étudiants-es (et même les membres du personnel et du corps enseignant) souffrant d’un traumatisme crânien. Veuillez noter que cette fiche d’information n’a pas pour but de fournir des conseils médicaux, mais constitue une ressource éducative.

Qu’est-ce qu’un traumatisme crânien ?

Les traumatismes crâniens (TC) sont définis comme toute lésion cérébrale causée par une source externe, qu’il s’agisse d’un coup, d’un choc ou d’une secousse au corps ou à la tête.1 Il peut s’agir d’une lésion ouverte (TC pénétrant) si elle perce le crâne et brise les couches protectrices du cerveau, ou d’une lésion fermée (TC non pénétrant ou contondant) si la force exercée sur la tête ou le corps est suffisamment forte pour déplacer le cerveau à l’intérieur d’un crâne intact et causer une lésion.1 Les TC sont principalement causés par des blessures liées au sport, des chutes, des accidents de la route et des agressions.2 La majorité des cas de TC sont considérés comme des traumatismes crâniens légers, les commotions cérébrales étant le type principal.3 Cette fiche d’information se concentrera principalement sur les TC non pénétrants.

Les TC entrent dans la catégorie des lésions cérébrales acquises (LCA), qui désigne les lésions cérébrales survenues après la naissance.2 Les lésions cérébrales non traumatiques entrent également dans la catégorie des LCA, mais il s’agit de lésions dues à des facteurs internes tels que les accidents vasculaires cérébraux, les maladies infectieuses ou les anévrismes.1,2 Le schéma ci-dessous résume cette classification :

La gravité et la chronicité des symptômes de TC dépendent de la gravité de la blessure ou de la fréquence à laquelle elle se produit.4 Par exemple, une personne qui souffre de TC légers répétitifs dus à la pratique d’un sport ou à la violence conjugale peut présenter des symptômes chroniques qui s’aggravent.4

Le tableau ci-dessous présente certains des symptômes que les personnes peuvent ressentir.5,6

Symptômes physiquesSymptômes somatiques*Symptômes cognitifs
  Convulsions Crises d’épilepsie Maux de tête Sensibilité à la lumière et au bruit Troubles du sommeil Problèmes d’équilibre    Nausées Maux de tête Modifications de l’audition et/ou de la vision Vertiges Fatigue    Difficultés liées aux fonctions exécutives, telles que : Problèmes de mémoire Planification Concentration MémorisationAttention  

* Symptômes physiques pouvant s’aggraver en cas de détresse émotionnelle

Prévalence

L’enquête nationale sur la santé dans les collèges de 2022 a fait état de la prévalence des TC et des commotions cérébrales dans les établissements d’enseignement canadiens, ainsi que de leur impact sur les résultats académiques des étudiants-es9 :

Effets sur le corps étudiant

Les étudiants-es vivant avec un TC peuvent rencontrer des difficultés à mener leur vie universitaire sur le campus, en particulier s’ils et elles ne bénéficient pas d’un soutien supplémentaire de la part des services d’accessibilité et d’adaptation. La qualité de leur expérience étudiante dépend également de la gravité de leur blessure, de leur accès aux soins de santé, de leur assurance sociale, de leur sécurité financière et de leur réseau de soutien social. Voici une liste non exhaustive d’expériences vécues par ces étudiants-es10 :

  • Passer plus de temps à réviser leurs cours qu’avant leur blessure.
  • Rencontrer des difficultés à se souvenir et à se concentrer en classe.
  • Devoir faire des sacrifices pour atteindre le niveau qu’ils et elles avaient avant leur blessure (par exemple, ils et elles sacrifient leur sommeil ou le temps passé avec leurs amis-es parce qu’ils et elles ont besoin de plus de temps pour étudier).
  • Se sentir dépassé en classe
  • Avoir du mal à prendre des décisions
  • Rencontrer des difficultés dans les relations personnelles, par exemple pour rester en contact avec ses amis-es ou respecter ses engagements, en raison de l’énergie mentale que cela demande
  • Rencontrer des difficultés à gérer son temps et à mener plusieurs tâches de front
  • Être fatigué par les activités qui demandent de l’énergie mentale (par exemple, les conversations, la prise de décisions, etc.)
  • Abandonner les études en raison de la gravité du TC

CALL OUT BOX: Les TC non pénétrants sont souvent difficiles à gérer en raison de la nature invisible de leurs symptômes. Si une personne semble fonctionner comme avant sa blessure, son entourage a tendance à sous-estimer la difficulté de sa situation.7 Cela peut entraîner un sentiment d’isolement émotionnel, une stigmatisation et des difficultés à obtenir des mesures d’adaptation et du soutien.8

Les étudiants-es ressentent souvent du chagrin face aux changements qui surviennent après leur blessure.11 Cela inclut :

  • L’incapacité de faire certaines choses de la même manière qu’avant la blessure (par exemple : les sports de contact, la lecture en raison d’une sensibilité visuelle, la cuisine en raison de la prise de décision, etc.)
  • La perte ou le changement de relations
  • L’impact sur les projets de vie et de carrière
  • Les changements en matière d’indépendance

En outre, les étudiants-es avec un TC peuvent également ressentir du stress et de la frustration lorsqu’ils et elles s’adaptent à leur nouvelle vie. Cela peut être particulièrement difficile s’ils et elles doivent faire face à des expériences telles que :

  • La stigmatisation de la part de leurs pairs-es, de leurs enseignants-es, de leurs médecins ou de leur famille
  • Le manque d’accessibilité et de mesures d’adaptation à l’intérieur et à l’extérieur de l’établissement
  • Le retard ou l’absence d’accès aux soins de santé à l’intérieur et à l’extérieur de l’établissement
  • Les difficultés à subvenir à leurs besoins financiers

Impacts sur la santé mentale

Les TC sont associés à divers effets néfastes sur la santé, notamment des troubles mentaux et une dépendance à la consommation de substances.12 Les TC peuvent aggraver des troubles mentaux préexistants, mais aussi entraîner de nouveaux symptômes d’anxiété, de syndrome de stress post-traumatique (SSPT), de dépression, ainsi que de colère et de changements d’humeur.12 Des études ont montré :

  • Les symptômes de dépression ont été plus nombreux au cours des 2 dernières semaines chez les étudiants-es ayant des antécédents de TC répétés que chez ceux et celles n’ayant pas d’antécédents de TC.13 Ces symptômes comprennent un comportement renfermé, un sentiment de désespoir et d’inadéquation.
  • L’anxiété, les troubles de l’humeur et les troubles liés à la consommation de substances étaient les diagnostics psychiatriques les plus courants chez les personnes ayant subi un TC modéré à grave. Ils surviennent souvent simultanément et sont plus fréquents au cours de la première année suivant la blessure.14
  • Le risque de dépression après une blessure est plus élevé chez les femmes que chez les hommes ayant subi un TC.15
  • Le risque de troubles mentaux est accru par des facteurs tels que la manière dont la perte est gérée, l’impact direct du TC, les forces et la personnalité avant la blessure, les méthodes d’adaptation et le niveau de soutien social.16

Soutenir les étudiants-es avec un TC

Les étudiants-es avec un TC peuvent mener une vie épanouissante malgré leur blessure grâce à un soutien, une éducation et une sensibilisation appropriés. Voici quelques éléments clés que les étudiants-es sont encouragés-es à intégrer dans leur vie :

  • Donner la priorité au repos et au sommeil
  • Structurer des routines régulières tout au long de la journée afin de gérer les tâches quotidiennes (planification des repas, exercice physique régulier, etc.)
  • Faire le suivi des activités quotidiennes afin d’évaluer l’évolution du sommeil, de l’appétit, du stress et de l’humeur (cela peut être utile lors d’un entretien avec un-e professionnel-le de santé en cas de préoccupations)
  • Disposer d’un système de soutien social solide et flexible
  • Mettre en place un soutien professionnel, tel qu’une thérapie, des examens médicaux et envisager la prise de médicaments si nécessaire.

Quelques mesures clés à mettre en place dans les établissements d’enseignement postsecondaire :

  • Créer des espaces adaptés aux étudiants-es sensibles à la lumière, aux odeurs et aux sons (par exemple, des salles peu éclairées, insonorisées, où les parfums sont interdits).
  • Former les membres du personnel et du corps enseignant au rôle des services d’accessibilité et de mesures d’adaptation.
  • Adopter une conception universelle de l’apprentissage dans les salles de classe.
  • Ressources à l’intention des enseignants-es et des assistants-es pédagogiques auxquels ils et elles peuvent se référer s’ils et elles ont un-e étudiant-e avec un TC et qui leur indiquent la meilleure façon de gérer les cours et les devoirs en fonction de ses capacités.
  • Concevoir conjointement des soutiens et des programmes avec les étudiants-es avec un TC afin de mieux les soutenir.

Ressources

Les ressources suivantes permettent aux étudiants-es et aux membres du personnel et du corps enseignant d’en savoir plus sur les TC et sur les commotions cérébrales, de mieux comprendre ce que peut vivre une personne avec un TC et de découvrir certaines façons d’aider une personne avec un TC ou une commotion cérébrale.

  1. Lignes directrices sur les commotions cérébrales de Parachute

 Les lignes directrices sur les commotions cérébrales de Parachute fournissent un aperçu sur la façon d’identifier et de gérer les commotions cérébrales.

Lésion cérébrale Canada propose des programmes d’éducation et de sensibilisation, ainsi que des moyens de trouver du soutien pour toute personne avec un TC ou toute personne qui soutient une personne avec un TC. La section Histoires de lésions cérébrales acquises donne un aperçu de l’expérience vécue par les personnes avec un TC. 

 Keep Your Head Up propose une trousse d’outils sur les lésions cérébrales et le rétablissement. Elle ne vise pas à remplacer les conseils médicaux, mais plutôt à fournir des moyens d’aider les personnes atteintes d’une lésion cérébrale à gérer leur vie quotidienne. Elle comprend des fiches pour établir des objectifs, suivre les symptômes, mettre en place une routine, etc.

 Acquired Brain Injury Partnership Project (projet de partenariat sur les lésions cérébrales acquises), basé en Saskatchewan, propose une série de formations destinées aux prestataires de services, aux professionnels-les de santé, aux survivants-es de lésions cérébrales et aux aidants-es afin de les informer sur les effets d’une lésion cérébrale, y compris les stratégies d’adaptation et de rétablissement après une lésion. Les modules abordent des sujets tels que les mécanismes de rétablissement, les interventions comportementales, l’éducation sur les crises épileptiques, etc. Cette formation ne vise pas à remplacer les conseils médicaux.

Ce webinaire organisé par le TRANSCENDENT Concussion Research Program donne un aperçu des commotions cérébrales liées à la violence entre partenaires intimes (VPI) et de l’importance de l’éducation sur la VPI.

Ressources du CISMC

Références

  1. Traumatic Brain Injury (TBI) [Internet]. National Institute of Neurological Disorders and Stroke. [repéré le 27 novembre 2025]. Disponible à : https://www.ninds.nih.gov/health-information/disorders/traumatic-brain-injury-tbi
  2. Brain Injury Association of America. ABI vs. TBI: What is the difference? [Internet]. Brain Injury Association of America. 2025 [repéré le 27 novembre 2025]. Disponible à : https://biausa.org/brain-injury/about-brain-injury/nbiic/what-is-the-difference-between-an-acquired-brain-injury-and-a-traumatic-brain-injury
  3. Agence de la Santé publique du Canada. Traumatismes crâniens – Canada.ca [Internet]. 2024 [repéré le 27 novembre 2025]. Disponible à : https://sante-infobase.canada.ca/traumatismes-craniens/
  4. Vynorius KC, Paquin AM, Seichepine DR. Lifetime Multiple Mild Traumatic Brain Injuries Are Associated with Cognitive and Mood Symptoms in Young Healthy College Students. Frontiers in Neurology [Internet]. 2016, 31 octobre;7:188. Disponible à : https://doi.org/10.3389/fneur.2016.00188
  5. Howlett JR, Nelson LD, Stein MB. Mental health consequences of traumatic brain injury. Biological Psychiatry [Internet]. 2021, 4 octobre;91(5):413–20. Disponible à : https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC8849136/
  6. University of Utah Health. Long-Term effects of traumatic brain injury. University of Utah Health [Internet]. 2025, 20 février [repéré le 27 novembre 2025]. Disponible à : https://healthcare.utah.edu/healthfeed/2025/02/long-term-effects-of-traumatic-brain-injury
  7. The Invisible Injury [Internet]. Concussion Alliance. [repéré le 27 novembre 2025]. Disponible à : https://www.concussionalliance.org/the-invisible-injury
  8. Brain Injury Association of America. Brain injury as a form of invisible disability – Brain Injury Association of America [Internet]. Brain Injury Association of America. 2024. Disponible à : https://biausa.org/public-affairs/media/brain-injury-as-a-form-of-invisible-disability
  9. National College Health Assessment III: Canadian Reference Group Data Report Spring 2022 [Internet]. American College Health Association; 2022. Disponible à : https://www.acha.org/wp-content/uploads/2024/07/NCHA-III_SPRING_2022_CANADIAN_REFERENCE_GROUP_DATA_REPORT.pdf
  10. Kennedy MRT, Krause MO, Turkstra LS. An electronic survey about college experiences after traumatic brain injury. Neurorehabilitation [Internet]. 2008, 19 décembre;23(6):511–20. Disponible à : https://doi.org/10.3233/nre-2008-23607
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