Cette fiche d’information a pour objectif de fournir des connaissances de base sur le deuil et des conseils utiles au personnel et aux étudiants-es qui font face au deuil, selon une perspective autochtone.

Qu’est-ce que le deuil ?

Le deuil est une réaction naturelle à la perte et une émotion complexe et intense.1,2 Le deuil peut résulter du décès d’un être cher ou d’un animal de compagnie, de la perte d’un emploi, de la fin d’une relation ou d’une amitié, ou d’un changement qui bouleverse considérablement votre vie quotidienne.3 Cependant, pour les personnes et les communautés des Premières Nations, des Inuits et des Métis, le deuil s’étend également à la perte de leur culture, de leurs terres ancestrales et de leurs structures sociales, touchées par la colonisation.4,5,6

Bien qu’il existe de nombreux types de deuil, dans le cadre de cette fiche d’information, nous nous concentrerons sur le « deuil normal ». Nous encourageons les personnes qui sont confrontées à un deuil dépassant le cadre de cette fiche d’information à se tourner vers leurs amis-es, leur famille, les aînés-es, des conseillers-ères ou un-e professionnel-le de la santé pour obtenir du soutien et des conseils. Cette fiche d’information est fournie à titre indicatif uniquement et ne remplace pas les conseils d’un-e professionnel-le de la santé ou de la santé mentale.

CALL OUT BOX : Deuil normal : une personne subit une perte et manifeste toute une gamme d’émotions associées au deuil. Elle apprendra progressivement à s’adapter à ce changement dans sa vie quotidienne et à trouver un équilibre dans son bien-être.6

Symptômes du deuil6-8

Il n’y a pas de bonne façon de faire son deuil et le processus de deuil varie d’une personne à l’autre.

Cette liste n’est pas exhaustive ; vous pouvez présenter d’autres symptômes que ceux mentionnés ci-dessous.

  • Mental/émotionnel : sentiment de vide ou d’indifférence, tristesse, culpabilité, regret, anxiété, colère, peur, impuissance, perte de mémoire à court et à long terme.
  • Physique : perte ou augmentation de l’appétit, manque ou excès de sommeil, fatigue, douleurs, maux d’estomac, oppression thoracique, maux de dos, anxiété.
  • Spirituel : remise en question de ses croyances ou de sa foi, sentiment de déconnexion, perte du sens et du but de la vie, sentiment de vide.
  • Social : dépendance accrue vis-à-vis des autres, isolement de la famille et des amis-es, négligence de soi.

*Si vous présentez ces symptômes ou d’autres, pensez à rechercher l’aide nécessaire pour surmonter votre deuil, notamment auprès de conseillers-ères, de professionnels-les de santé, de votre famille, de vos amis-es et/ou de personnes issues de votre culture (ainés-es, gardiens-nes du savoir) qui pourront vous guider.*                                                                                                                                                                                                                                                                               

Commencer à guérir

Il est important de reconnaître et d’accepter vos sentiments et d’entamer votre processus de guérison. Le fait de vous connecter ou de renouer avec votre culture peut vous aider à guérir et vous offrir de nouvelles perspectives sur le deuil.1 Par exemple, cela permet de créer un espace pour apporter du réconfort, soulager la douleur et rassembler les gens, la famille et la communauté.9 Voici quelques conseils et éléments à garder à l’esprit lorsque vous entamez votre processus de guérison3,5,7,9 :

  • N’oubliez pas d’être indulgent-e et patient-e envers vous-même.
  • Vous apprenez à vivre avec la perte, cela ne signifie pas que vous « abandonnez » l’être cher.
  • Participez à des pratiques traditionnelles de guérison qui peuvent prendre la forme de cérémonies, de plantes médicinales spéciales et de chants.
  • Tournez-vous vers vos amis-es et votre famille.
  • Demandez le soutien et les conseils d’un-e aîné-e ou d’un-e gardien-ne du savoir, qui pourra vous encourager.
  • Vous pouvez également vous tourner vers des conseillers-ères en santé mentale, des accompagnateurs-trices spirituels-les et/ou des groupes de soutien (par exemple, des cercles de soutien pour le deuil ou de guérison/partage).
  • Renouez avec la terre et la nature, passez du temps à l’apprécier et à profiter des cadeaux naturels de la Terre Mère (par exemple, marcher dans la nature, être au bord de l’eau, allumer un feu, jardiner).
  • Écoutez votre musique préférée.
  • N’oubliez pas de manger et de boire de l’eau.

Exemples de perspectives autochtones sur la guérison

  • Perspective Haudenosaunee : selon les enseignements Haudenosaunee, il est important d’avoir un esprit sain, « Ka’nikonhrÌ:io » en langue mohawk, car lorsque vous êtes en deuil, votre esprit est embrumé et confus pendant cette période. Ainsi, clarifier son esprit (la capacité à penser clairement) vous aidera à vous ancrer et à améliorer votre santé mentale et votre bien-être pendant votre processus de guérison. Par exemple, sortez vous promener, passez du temps dans la nature, allez au bord de l’eau, car l’eau a le pouvoir d’aider à clarifier vos pensées. 5,7,10
  • Perspective inuite : lorsque vous êtes confronté-e à un traumatisme, il est important d’exprimer vos émotions, de vous ouvrir et de partager ce que vous ressentez. Il n’est pas sain de garder ces sentiments et ces émotions à l’intérieur. En parlant à quelqu’un, vous vous permettez d’exprimer vos sentiments et vos émotions les plus profonds et vous pouvez commencer à surmonter votre deuil.7 
  • Perspective métisse : La guérison commence par le lien entre la culture et la spiritualité. Cela peut inclure l’apprentissage de la langue métchif, le rapprochement avec la famille et le retour à la terre et à l’eau.11 Grâce à ces pratiques, vous commencez à réfléchir sur vous-même, à apprendre à prendre soin de vous et à guérir.5

Comment soutenir une personne en deuil2,5,8

Lorsque vous soutenez des personnes en deuil, n’oubliez pas qu’elles sont dans une situation vulnérable. Il peut être difficile de savoir comment leur parler et quoi dire, mais les mots ne sont pas nécessairement indispensables pour établir un lien avec une personne en deuil. Votre présence suffit amplement pour aider quelqu’un qui est en voie de guérison. En lui apportant votre soutien, vous permettez à cette personne de guérir, de réfléchir sur elle-même et de recevoir l’aide dont elle a besoin. Voici quelques exemples de façons dont vous pouvez montrer votre soutien à une personne en deuil :

  • Trouver un lien commun à travers le deuil est un moyen puissant d’aider les gens à aller de l’avant
    • Communiquer par téléphone ou par appel vidéo
    • Proposer de préparer ou de livrer un repas chaud
    • Proposer d’aider à prendre soin des animaux domestiques (promener leur chien, nourrir leur animal, etc.)
    • Leur offrir une étreinte
    • Passer du temps avec eux sur le territoire
    • Partager des ressources communautaires qui renforcent leur lien avec leur culture : chansons, tambours, danses, cérémonies, artisanat
    • Leur poser des questions ou parler de leur proche et partager des anecdotes à son sujet
    • Se souvenir de leur proche est un moyen important d’entamer le processus de guérison
    • Raconter des histoires : la capacité à partager des connaissances et des expériences, et à apprendre les uns-es des autres, montre que nous ne sommes pas seuls-es.

Ressources supplémentaires :

Site Web Living my culture : https://livingmyculture.ca/topic/after-death-and-ceremonies/

Soutien en matière de guérison et de bien-être sur le site Web de la Nation métisse : https://www.metisnation.org/programs-and-services/healing-wellness/

Enseignements sur le deuil avec Jock Hill : https://www.youtube.com/watch?v=ROKybEGp1PU

Ressources pour m’aider de l’université McMaster : https://a-way-through.mcmaster.ca/resources-to-support-myself/

Soutien aux étudiants-es en deuil à l’Université de Toronto : https://www.studentlife.utoronto.ca/program/grief-support-group/


Références

  1. Spiwak, R., Sareen, J., Elias, B., Martens, P., Munro, G., & Bolton, J. (2012). Complicated grief in Aboriginal populations. Dialogues in clinical neuroscience14(2), 204–209. https://doi.org/10.31887/DCNS.2012.14.2/rspiwak
  2. First Nations Health Authority. (2024, 19 novembre). Healing from Grief: Remember, Reflect, Connect. First Nations Health Authority Health through wellness. https://www.fnha.ca/about/news-and-events/news/healing-from-grief-remember-reflect-connect
  3. First Peoples Wellness Circle. (2025c). Grief: What to Expect Tip Sheet. Gathering our Knowledge Bundles. https://fpwc.ca/what-we-do/news/grief-loss-toolkit/
  4. Alliance canadienne pour le deuil. (n.d.). Le deuil chez les peoples autochtones. Le deuil. https://ledeuil.ca/topics/le-deuil-chez-les-peuples-autochtones/
  5. Freeman, B. M. (2004).  Resiliency of a people a Haudenosaunee concept of healing. [Thèse de maitrise non publiée]. McMaster University. https://macsphere.mcmaster.ca/items/c44b3da2-711b-4687-96bd-3d0de2f3f6f2
  6. First Peoples Wellness Circle. (2025b). Grief: Types of Grief Tip Sheet. Gathering our Knowledge Bundles. https://fpwc.ca/what-we-do/news/grief-loss-toolkit/
  7. Action Cancer Ontario. (n.d.). Teachings to Support Grief and Loss in First Nations, Inuit and Metis Communities. https://www.cancercareontario.ca/sites/ccocancercare/files/assets/ACCUGriefAndLoss.pdf
  8. First Peoples Wellness Circle. (2025a). Grief: Supporting Someone Who is Grieving. Gathering our Knowledge Bundles. https://fpwc.ca/what-we-do/news/grief-loss-toolkit/
  9. Longboat, D. (2002). Ian Anderson Program in End-of-Life Care Module 10 Indigenous Perspectives on Death and Dying. Continuing Professional Development, University of Toronto. https://www.cpd.utoronto.ca/endoflife/Modules/Indigenous%20Perspectives%20on%20Death%20and%20Dying.pdf
  10. Six Nations Polytechnic. (2025, 18 mars). Grief Teachings With Jock Hill [Vidéo]. YouTube. https://www.youtube.com/watch?v=ROKybEGp1PU
  11. Edge, L., & McCallum, T. (2006). MÉTIS IDENTITY: SHARING TRADITIONAL KNOWLEDGE AND HEALING PRACTICES AT MÉTIS ELDERS’GATHERINGS. Pimatisiwin: A Journal of Aboriginal & Indigenous Community Health4(2).