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Pour certaines personnes, l’usage de substances comme le cannabis peut mener à un usage problématique. Chez d’autres, il peut entraîner un trouble de consommation d’alcool et d’autres drogues, le terme utilisé dans la plus récente version du Manuel Diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM), le manuel sur les maladies mentales reconnues de l’American Psychiatric Association.1 Le trouble de consommation d’alcool et d’autres drogues est un état complexe dans lequel des modes problématiques de consommation d’une substance peuvent perturber la vie d’une personne et entraîner une dépendance physique et/ou psychologique ainsi que des symptômes de sevrage. Ce problème, communément appelé dépendance ou usage problématique de substances (Figure 1), varie de léger à grave.

La majorité des élèves ne développeront pas de trouble de consommation d’alcool et d’autres drogues lorsque le cannabis sera légalisé, mais il existe des risques de méfaits associés à cet usage. Les signes et symptômes d’un usage problématique chez les étudiants incluent l’absence aux cours et aux autres activités, des problèmes de mémoire ou de concentration et le fait d’accorder plus d’importance à l’usage de substance qu’aux travaux scolaires et autres obligations.2

L’approche des quatre expressions3 est une manière simple de décrire la problématique de l’usage de substance qui peut avoir des répercussions néfastes pour une personne :

  • État de manque : Besoin intense d’utiliser une substance.
  • Perte de contrôle : Difficulté à contrôler la quantité ou la fréquence de l’usage d’une substance.
  • Consommation compulsive : Envies irrépressibles d’utiliser la substance.
  • Conséquences : Consommation persistante de la substance malgré les conséquences néfastes

Approximativement 9 % des gens qui utilisent le cannabis développeront un trouble de l’usage du cannabis, et ce pourcentage peut augmenter à 16 % chez ceux qui commencent à en consommer à l’adolescence.4 À titre de comparaison, on estime que le risque de développer un trouble de consommation d’alcool et d’autres drogues est de 68 % pour la nicotine, de 23 % pour l’alcool, et de 21 % pour la cocaïne.5

En 2012, plus d’un Canadien sur 20 âgés de 15 à 24 ans répondaient aux critères de trouble de l’usage du cannabis et l’âge où ce trouble se manifestait le plus était de 16 et 18 ans.6

Les outils de dépistage et d’évaluation* fondés sur la recherche et ayant fait la preuve de leur fiabilité et de leur validité peuvent aider les fournisseurs de services à déterminer à quel stade du continuum d’usage de substance l’étudiant peut se trouver.

Certains de ces outils peuvent aussi aider à déterminer si l’usage de substance perturbe la vie de la personne, si elle répond aux critères de trouble de l’usage du cannabis, ainsi que les interventions appropriées pour l’aider à réduire sa consommation. Ci-dessous sont présentés les outils d’évaluation communément utilisés en Ontario :

Outil Information
Test de dépistage de la consommation d’alcool, de tabac et de substances
(ASSIST v3.1)
ASSIST est principalement conçu à l’intention des fournisseurs de soins primaires, mais se révèle aussi utile pour les intervenants d’autres domaines œuvrant auprès de personnes faisant usage de substances. Il comprend des questions portant sur le cannabis.
Global Appraisal of Individual Needs (GAIN)-SS Les instruments du GAIN peuvent être utilisés pour dépister les personnes ayant un trouble de la consommation de substance dans différents milieux cliniques (disponible en anglais seulement).
CRAFFT CRAFFT est utilisé auprès des adolescents et des jeunes adultes (12 à 21 ans) et peut être rempli en milieu clinique comme questionnaire à remplir soi-même. On suggère de faire de brèves recommandations/interventions en fonction du niveau de risque que présente la personne.

*L’utilisation de certains de ces outils peut comporter des frais.

References

  1. American Psychiatric Association. Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders (DSM–5), 2018. Accessible à : https://www.psychiatry.org/psychiatrists/practice/dsm[]
  2. Gouvernement du Canada. Aider un ami qui consommé ou abuse de la drogue, 2017. Tiré de : https://www.canada.ca/fr/sante-canada/services/toxicomanie/obtenir-aide/aider-ami.html[]
  3. Centre de toxicomanie et de santé mentale. Index sur la santé mentale et la dépendance, Tiré de : https://www.camh.ca/fr/hospital/health_information/a_z_mental_health_and_addiction_information/drug-use-addiction/Documents/addiction_guide_fr.pdf[]
  4. Anthony, J.C. « The epidemiology of cannabis dependence », dans R.A. Roffman et R.S. Stephens (éd.), Cannabis dependence: Its nature, consequences and treatment (2006, pp. 58–105). Cambridge, UK : Cambridge University Press[]
  5. Lopez‐Quintero, C., Pérez de los Cobos, J., Hasin, D.S., Okuda, M., Wang, S. et coll. « Probability and predictors of transition from first use to dependence on nicotine, alcohol, cannabis, and cocaine: Results of the National Epidemiologic Survey on Alcohol and Related Conditions (NESARC) », Drug and Alcohol Dependence, no 115, 2011, pp. 120‐130[]
  6. Pearson, C., Janz, T. et Ali, J. Coup d’œil sur la santé : Troubles mentaux et troubles liés à l’utilisation de substances au Canada, 2013. (Statistique Canada, no 82-624-X au catalogue).[]
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4. Comprendre les troubles de consommation d’alcool et d’autres drogues et l’usage problématique de substance