Le Canada jouit d’une solide réputation en tant que destination souhaitable et accueillante pour les étudiants-es internationaux-ales. Au cours des dernières années, le recrutement d’étudiants-es internationaux-ales dans les établissements d’enseignement postsecondaire de l’Ontario a considérablement augmenté. Ces établissements ont constamment démontré que les étudiants-es internationaux-ales sont essentiels-les à la viabilité et à la réussite à long terme des secteurs universitaire et collégial de l’Ontario. Selon Statistique Canada (2023b), pour l’année universitaire 2021/22, les étudiants-es internationaux-ales représentaient 23 % de l’ensemble des inscriptions dans les établissements d’enseignement postsecondaire de l’Ontario. Cependant, le gouvernement canadien a récemment imposé un plafond sur les demandes d’étudiants-es internationaux-ales au cours des 2 prochaines années, visant à traiter environ 360 000 nouveaux visas étudiants pour 2024, soit une réduction de 35 % par rapport à 2023 (Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada [IRCC], 2024a). Les changements à venir devraient infléchir les tendances à la hausse observées ces dernières années. Le gouvernement a mis en place ces nouvelles mesures pour garantir que les étudiants-es internationaux-ales reçoivent un soutien adéquat à leur arrivée au Canada et pour empêcher les établissements d’augmenter leur nombre d’étudiants-es internationaux-ales dans le seul but de générer des revenus. Bien que le Canada soit souvent considéré comme une destination accueillante pour les étudiants-es internationaux-ales, la réalité actuelle s’écarte de plus en plus de cette image. L’impact de ce plafond sur les établissements suscite des inquiétudes, notamment en ce qui concerne leur forte dépendance à l’égard des frais d’inscription des étudiants-es internationaux-ales pour maintenir des services adéquats sur les campus (Haukaas, 2024). Certains établissements pourraient devoir réduire le financement de leurs centres de santé mentale et de bien-être, ce qui aurait des conséquences négatives pour les étudiants-es internationaux-ales en entraînant des temps d’attente plus longs, une réduction des services de soutien et un accès moindre aux ressources essentielles. En outre, l’appréhension grandit quant à la manière dont ces nouvelles restrictions pourraient affecter la perception du Canada par les étudiants-es internationaux-ales, ce qui pourrait rendre le pays moins accueillant. Actuellement, selon l’analyse par ApplyInsights (2024) des données publiées par IRCC, 8 des 10 groupes démographiques d’étudiants-es à la croissance la plus rapide au Canada sont originaires de pays africains. Une autre préoccupation liée à ce plafond est que les établissements pourraient hésiter à admettre des candidats-es africains-es en raison de leur taux d’approbation historiquement plus faible que dans d’autres régions du monde (Zahid, 2022). Les établissements d’enseignement postsecondaire doivent s’adapter de manière proactive pour accueillir efficacement les nouveaux-elles étudiants-es internationaux-ales pendant cette période de transition, d’autant plus que ces étudiants-es sont souvent confrontés-es à la discrimination et au racisme. Les contributions uniques et les expériences vécues des étudiants-es internationaux-ales font également partie intégrante de la promotion des principes d’équité, de diversité et d’inclusion au sein de l’enseignement postsecondaire.

Les étudiants-es internationaux-ales apportent une contribution financière importante au système d’enseignement postsecondaire du Canada, mais ils et elles peuvent aussi être confrontés-es à des difficultés financières considérables lorsqu’ils et elles fréquentent des établissements canadiens. Selon une analyse réalisée par Roslyn Kunin and Associates (RKA) (2023) pour le compte d’Affaires mondiales Canada, en 2022, les étudiants-es internationaux-ales ont contribué pour plus de 37,3 milliards de dollars à l’économie canadienne, plus de la moitié de ce montant étant consacré aux frais de scolarité et autres frais dans les établissements d’enseignement postsecondaire. Ceci est particulièrement vrai pour les écoles satellites privées qui s’associent aux collèges publics de l’Ontario. La vérificatrice générale Bonnie Lysyk a constaté que la marge bénéficiaire nette de ces écoles se situait entre 18 et 53 % en 2020.
Provenant de plus de 180 pays, les étudiants-es internationaux-ales qui viennent au Canada sont ethniquement et culturellement diversifiés-es, contribuant ainsi de manière positive au multiculturalisme du Canada. Ils et elles sont également essentiels-les pour soutenir la croissance démographique et combler le déficit croissant d’une main-d’œuvre vieillissante. Alors que le Canada continue de connaître des pénuries d’emploi, les étudiants-es internationaux-ales constituent un vivier important pour les organisations à la recherche de main d’œuvre. Outre leur contribution économique, les étudiants-es internationaux-ales apportent une diversité culturelle et de nouvelles perspectives dans les salles de classe canadiennes, enrichissant ainsi l’expérience d’apprentissage de tout le corps étudiant.
La santé mentale et le bien-être des étudiants-es internationaux-ales sont des sujets importants que les établissements d’enseignement postsecondaire doivent prendre en compte. L’éloignement de leur communauté d’origine, les différences culturelles dans la compréhension du bien-être, et la trajectoire développementale, liée à l’âge, des problèmes de santé mentale font des étudiants-es internationaux-ales une population importante dont les établissements doivent tenir compte lors de l’élaboration de services et de programmes de soutien en matière de santé mentale et de bien-être. En analysant ces aspects essentiels de la vie quotidienne, cette trousse d’outils vise à disséquer les questions clés et à fournir une compréhension complète de la façon dont la vulnérabilité unique des étudiants-es internationaux-ales se croise avec la vie quotidienne pour modeler les résultats en matière de santé mentale. Bien que la question du soutien en matière de santé mentale et de bien-être des étudiants-es internationaux-ales soit un sujet complexe, cette trousse d’outils vise à fournir un aperçu de la question, ainsi que des stratégies pratiques à mettre en œuvre par les établissements d’enseignement postsecondaire pour améliorer leur bien-être. Le monde évoluant rapidement, nous reconnaissons qu’il s’agit d’un document évolutif qui sera modifié au fur et à mesure que de nouvelles sources d’information seront disponibles.
