Le rôle du personnel enseignant


Le personnel enseignant des établissements d’enseignement postsecondaire joue un rôle primordial dans la cocréation d’un contexte d’apprentissage minimisant les facteurs de stress pour les étudiants et les étudiantes. Il peut notamment adopter les pratiques, les croyances et les attitudes liées à un style d’enseignement positif (Baik, 2019). La santé mentale des étudiants et des étudiantes devient possible lorsque l’enseignement est aligné sur leur bien-être et le soutien dont ils ont besoin. Sans devenir expert en santé mentale ni jouer un rôle de thérapeute, le personnel enseignant peut poser plusieurs actions qui auront un impact favorable.

Le contexte d’apprentissage, ce n’est pas seulement le lieu physique ou virtuel où on donne les cours, mais aussi l’approche d’enseignement et les conditions d’apprentissage (Dyjur, 2017). En faire une occasion de favoriser le bien-être et la santé mentale, c’est prendre soin des étudiants et des étudiantes. C’est aussi leur démontrer du respect. Ce soin et ce respect ont un effet favorable sur l’expérience d’étude (Baik, 2019).

Quand on leur demande de définir le bien-être, les étudiants et les étudiantes mentionnent souvent la recherche d’un équilibre entre les différents aspects de leur vie, cet équilibre menant à un sentiment de bonheur et de satisfaction. Ils constatent une chaîne de réaction positive entre leur bien-être et leur expérience d’apprentissage; que celle-ci soit favorable ou défavorable, elle exerce une influence sur les autres aspects de leur vie. Cela démontre l’importance de se préoccuper de leur bien-être (Stanton et al., 2016).

Au fil de leur parcours d’études postsecondaires, il arrive souvent que les étudiants et les étudiantes créent des liens avec des membres du personnel enseignant et qu’ils fassent appel à eux quand ils ont besoin d’aide. Les étudiants et les étudiantes, en particulier lors de leur première année dans un programme d’études, interagissent fréquemment avec leurs professeurs et leurs professeures. Ils leur parlent de leur plan de carrière et des sujets abordés en classe, ils les rencontrent également dans des activités autres que les cours. On a observé une augmentation de plus de 10 % de ce comportement chez les étudiants et les étudiantes de première année de 2004 à 2019 (NSSE, 2019). Il est d’autant plus important que le personnel enseignant ait les connaissances et les outils en santé mentale nécessaires pour leur offrir du soutien (MacKean, 2011). Idéalement, il devrait être en mesure de reconnaître les signes indiquant qu’un étudiant ou une étudiante vit une problématique de santé mentale, par exemple l’absentéisme, des travaux remis en retard, l’anxiété, la colère ou la démobilisation en classe (Dyjur, 2017). Promouvoir la santé mentale vise à redonner leur pouvoir aux personnes qui vivent des problématiques dans ce domaine, à renforcer leur capacité de faire leurs propres choix concernant leur situation, tout en permettant au milieu de les soutenir dans cette démarche (MacKean, 2011).

Les études démontrent que, le plus souvent, les membres du corps professoral souhaitent offrir du soutien à leurs étudiants et leurs étudiantes concernant leur santé mentale, mais n’ont pas nécessairement la confiance ni les outils requis pour le faire. Voici ce qu’a démontré à ce sujet une étude australienne menée Gulliver et al. (2018):

  • 72%72 % des membres du corps professoral ont déjà amorcé une conversation avec un étudiant ou une étudiante dont ils s’inquiétaient de la santé mentale, et pris le temps d’écouter ses préoccupations et de sympathiser avec lui ou elle;
  • 60%60 % d’entre eux croient qu’ils n’en connaissent pas assez en santé mentale pour aider les étudiants et les étudiantes;
  • 12% to 67%12 % ont suivi une formation sur la santé mentale chez la population étudiante (sous une forme ou une autre), tandis que 67 % croient qu’ils auraient besoin de formation pour savoir comment composer avec ces problématiques.

     

    Les professeurs et les professeures interviewés auraient notamment aimé en apprendre davantage sur les services vers lesquels diriger les étudiants et les étudiantes, les procédures à suivre, la dépression, l’anxiété, l’automutilation, les troubles alimentaires et l’abus d’alcool et de drogues.

  • 72%74 % des membres du corps professoral ne savent pas si leur établissement d’enseignement a une politique écrite concernant la façon de réagir aux problématiques de santé mentale des étudiants et des étudiantes.
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