Lorsqu’on examine les problèmes de santé chroniques, il est important de prendre du recul et de réfléchir à la manière dont les différents environnements, contextes historiques et interactions sociales peuvent influencer le parcours d’une personne avec leur condition médicale, à l’impact que cela a sur son traitement et le soutien dont elle bénéficie, et à la manière dont elle est capable de gérer sa santé.
Déterminants sociaux des problèmes de santé chroniques
Comme le décrit l’OMS, « les conditions dans lesquelles les personnes naissent, grandissent, vivent, travaillent et vieillissent, ainsi que l’ensemble des forces et des systèmes qui façonnent les conditions de la vie quotidienne » (OMS, 2025) peuvent avoir un impact sur divers aspects des problèmes de santé chroniques.
Par exemple, Cockerham et al. (2016) affirment qu’une personne qui grandit dans un foyer où l’on fume peut également adopter cette habitude à l’âge adulte, ou que le simple fait d’y être exposée peut la prédisposer à une maladie respiratoire. Les facteurs socio-économiques et éducatifs peuvent également avoir une incidence sur la capacité d’une personne à réduire ou à abandonner une habitude en cas de dépendance à une substance (Cockerham et al., 2016).
Voici quelques autres facteurs qui peuvent avoir une incidence sur une personne vivant avec un problème de santé chronique :
- Statut socio-économique
- Exemple : pouvoir se permettre des soins de santé spécialisés ou bénéficier d’une assurance maladie couvrant les traitements.
- Discrimination
- Exemple : les expériences passées de discrimination fondée sur l’état de santé ou des caractéristiques personnelles, telles que la race, peuvent décourager la recherche d’aide à l’avenir.
- Accès aux soins de santé
- Exemple : le fait de pouvoir accéder aux soins de santé grâce à des moyens financiers, au temps disponible ou à la proximité physique des services d’aide peut améliorer la qualité et la rapidité de l’aide apportée avant que l’état de santé ne s’aggrave.
Santé des Autochtones
L’impact du colonialisme et ses effets néfastes durables sur la santé, les fondements socioculturels, éducatifs et économiques des communautés autochtones ont conduit à un nombre disproportionné d’Autochtones souffrant de problèmes de santé chroniques (First Nations Information Governance Centre, 2018 ; Skelly et al., 2018). En outre, les peuples autochtones peuvent se heurter à des obstacles lorsqu’ils cherchent à obtenir de l’aide, tels que la discrimination, les stéréotypes et un manque général de compréhension des modes de vie et de la culture autochtones.
Parmi les moyens de soutenir les peuples autochtones, on peut citer l’accès à une alimentation traditionnelle nutritive, la lutte contre l’insécurité alimentaire et l’accès aux médecines traditionnelles. En outre, il est également recommandé de préserver les connaissances et la sagesse traditionnelles afin de promouvoir l’autonomie au sein de leur communauté (Sinka et al., 2025). Tout programme visant à traiter les connaissances et les ambiguïtés en matière de santé doit impliquer la communauté et les membres de la famille et créer des opportunités de leadership. Toutes les initiatives doivent être fondées sur la sécurité culturelle, le partenariat et le partage du pouvoir (Brooks-Cleator et al., 2018).
Expériences en matière de soins de santé des groupes méritant l’équité
Les préjugés médicaux et les soins inappropriés sont des obstacles qui peuvent avoir un impact considérable sur l’expérience et la confiance d’une personne au sein du système de santé. Parfois, ce type de soins peut entraîner des préjudices graves. Certaines de ces expériences sont souvent trop courantes, que ce soit en raison de préjugés implicites enracinés dans le racisme, d’un manque de sensibilisation et/ou parce qu’elles ont été enseignées comme une façon d’aborder les soins aux patients-es. Le tableau ci-dessous donne quelques exemples de ce que certains groupes de personnes peuvent vivre. Veuillez noter que cette liste n’est pas exhaustive.
| Population concernée | Exemple |
| Femmes noires (misogynoir) |
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| Peuples autochtones (Cooke & Shields, 2024) |
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| Personnes corpulentes (Publication du Collège des médecins et chirurgiens de l’Ontario à l’intention des médecins de l’Ontario, 2021) |
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| Femmes/personnes assignées femmes à la naissance (Koven, 2025) |
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| Personnes 2ELGBTQIA+ (Comeau et al., 2023) |
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| Personnes d’Asie du Sud |
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Tableau 3 : Expériences néfastes vécues par les groupes méritant l’équité
Bon nombre des expériences décrites ici peuvent se recouper entre différentes personnes et ne sont pas exclusives à un groupe démographique particulier. Il est important de comprendre ces préjugés et cette discrimination raciale, même si les campus n’ont pas de contrôle direct sur la manière dont les prestataires de soins de santé choisissent de s’occuper de leurs patients-es. Cette prise de conscience, ainsi que la capacité à valider l’expérience d’un-e étudiant-e s’il ou elle se trouve dans l’une de ces situations, pourrait réduire son sentiment de solitude et lui donner les moyens d’agir afin d’obtenir l’aide qu’il et elle mérite.
L’importance de la justice pour les personnes en situation de handicap
La justice pour les personnes en situation de handicap est un terme inventé en 2005 par Sins Invalid (un groupe composé de femmes queer handicapées de couleur). Il s’agit d’un cadre global visant à garantir les droits des personnes en situation de handicap en reconnaissant que l’intersectionnalité joue un rôle dans le handicap. Les expériences des personnes de couleur, des personnes incarcérées, des peuples autochtones, des sans-abri et de nombreuses autres personnes s’ajoutent aux handicaps/problèmes de santé qu’elles peuvent rencontrer. Vous pouvez en savoir plus sur la justice pour les personnes en situation de handicap ici.
Cet article, tiré d’un journal étudiant de l’Université métropolitaine de Toronto, décrit les expériences d’étudiants es vivant avec des maladies chroniques et leur parcours dans le système de santé pour obtenir un diagnostic et des mesures d’adaptation. La citation ci-dessous décrit l’expérience d’une étudiante :
« Pendant 4 ans, on m’a répété qu’il n’y avait rien qui clochait chez moi », raconte MacKay. Elle se souvient que les médecins ont lu son dossier médical, ont remarqué ses troubles mentaux diagnostiqués et ont immédiatement écarté sa douleur. « Ils me disaient : C’est dans ta tête ».
