Au Canada, les travailleurs-ses des métiers spécialisés sont les plus touchés-es par la consommation de substances et la toxicomanie (Gouvernement du Canada, 2023b). Cela s’explique par de nombreux facteurs (Gouvernement du Canada, 2023b):
- Les métiers spécialisés peuvent être un travail physiquement exigeant avec des composantes stressantes.
- Les substances sont utilisées comme mécanisme d’adaptation à la douleur, au stress et/ou aux blessures
qui surviennent en raison de leur travail, ce qui sert souvent d’introduction aux opioïdes. - La stigmatisation fait qu’il est difficile de demander de l’aide ou de parler de ses problèmes de santé mentale, ce qui peut conduire à l’utilisation de substances comme mécanisme d’adaptation.
Depuis 2016, 3 décès sur 4 liés aux opioïdes sont des hommes et entre 30 et 50 % des hommes décédés d’une surdose ou d’un méfait lié à une substance étaient employés dans le secteur des métiers spécialisés au moment de leur décès (Gouvernement du Canada, 2023b). Une étude du Forum canadien sur l’apprentissage (2023) indique que la conséquence la plus citée de la consommation de substances chez les apprentis-es et les gens de métiers spécialisés est l’atteinte à leur santé mentale. Dans l’ensemble, la consommation de substances et la toxicomanie peuvent affecter les résultats académiques d’un-e étudiant-e, augmenter les absences en classe et accroître le risque de ne pas obtenir de diplôme (Fletcher, 2019).
Paysage actuel de la consommation de substances chez les étudiants-es des métiers spécialisés
En collaboration avec Santé Canada et la Société de recherche sociale appliquée (SRSA), une enquête nationale menée par le Forum canadien sur l’apprentissage (2023) a permis de mieux comprendre les expériences vécues par les apprentis-es et les éléments clés de leur consommation de substances, affirmant que :
- Les apprentis-es et les préapprentis-es sont plus susceptibles de consommer du cannabis que les travailleurs spécialisés-es.
- Les dommages psychologiques sont la conséquence la plus citée de la consommation de substances, suivie de la santé physique, des relations familiales et de la situation financière.
- En Ontario, les substances les plus consommées au cours des 12 derniers mois sont l’alcool (82 %), le cannabis (56 %), les psychédéliques (17 %) et les stimulants (15 %).
![]()
« Je pense que beaucoup de gens ne connaissent même pas les effets négatifs de la consommation de substances jusqu’à ce que cela leur arrive, à eux ou à un proche. Beaucoup de gens que je connais, qui ont des problèmes de toxicomanie – peut-être pas des problèmes, mais qui consomment fréquemment des substances – ne considèrent pas cela comme un problème, pas du tout. »
– Entretien avec un apprenti
![]()
Lorsque l’on travaille avec des étudiants-es apprentis-es qui consomment des substances, ou pensent à s’automutiler, et qui sont entourés-es de gros outils et/ou de machines qui peuvent être dangereux pour eux/elles, il est important d’utiliser des stratégies qui aident à atténuer les résultats négatifs, comme la mise en place d’une formation à la sécurité et de campagnes de sensibilisation aux risques. Une approche de réduction des méfaits centrée sur le client préserve la dignité et le respect de l’individu tout en essayant de réduire les dommages sociaux et sanitaires associés à la consommation de substances (Draper, 2024). Pour plus d’informations sur la réduction des méfaits liés à la consommation de substances, consultez la boîte à outils du CISMC sur la réduction des méfaits sur les campus ici.
La réduction des méfaits est une approche fondée sur des données probantes et centrée sur la personne, qui vise à réduire les dommages sanitaires et sociaux liés à des comportements spécifiques. Par rapport aux approches traditionnelles, l’accent est mis sur la réduction des méfaits liés au comportement, plutôt que sur la simple réduction de l’occurrence du comportement lui-même.
