Section: 5 of 27

La stigmatisation qui entoure la consommation de substances est un défi. Avec l’utilisation d’un langage stigmatisant* et d’attitudes, de croyances et de comportements discriminatoires, de nombreuses personnes qui ont besoin d’aide pour leur consommation de substances ne cherchent pas activement à se faire aider. De nombreux apprentis-es, employeurs et gens de métiers spécialisés indiquent que la stigmatisation de la carrière qu’ils ont choisie est un obstacle qui les empêche d’envisager ou de demander de l’aide (Forum canadien sur l’apprentissage, 2023). En raison de la nature stigmatisante de la consommation de substances, on s’attend souvent à ce que les hommes des métiers spécialisés ne parlent pas de leur consommation de substances, ce qui réduit la probabilité qu’ils demandent de l’aide en cas de besoin (Gouvernement du Canada, 2023b). Dans d’autres cas, la consommation de substances est normalisée au point que les méfaits sont ignorés ou négligés.

*Le langage stigmatisant est un langage qui attribue des stéréotypes, des jugements et des étiquettes négatives à un groupe spécifique de personnes. Des exemples de langage stigmatisant concernant l’usage de substances incluent des mots tels que « accro », « ivrogne », « toxicomane » et « drogué ».

La stigmatisation peut (Santé Canada, 2024) :

  • conduire les gens à ne pas chercher d’aide par crainte d’être jugés par leurs amis-es, leurs collègues et leurs proches
  • conduire les personnes à cacher leur consommation de substances aux autres et/ou à consommer seules
  • contribuer à ce que les personnes qui consomment des drogues reçoivent des soins de moindre qualité lorsqu’elles accèdent aux services

La stigmatisation existe à ces 3 niveaux (Forum canadien de l’apprentissage, 2023 ; Draper, 2024) :

AUTOSTIGMATISATION
– Internaliser les attitudes et les croyances négatives à l’égard des personnes qui consomment des substances et les appliquer à soi-même.

Exemple Arrow Peur d’être perçu comme un « faible » ou un « raté », ou comme une « mauvaise personne » pour avoir consommé des substances.
 

STIGMATISATION SOCIALE
– Attitudes et croyances de la société qui désapprouvent les personnes qui consomment des substances.

Example Arrow Vision sociétale qui cherche à punir ceux et celles qui consomment des substances en leur faisant perdre leur emploi et/ou en créant une peur de divulguer ou de demander de l’aide.
 

STIGMATISATION STRUCTURELLE
– Pratiques, politiques et/ou règles organisationnelles qui augmentent la stigmatisation de la consommation de substances.

Example Arrow Avoir un politique de tolérance zéro en matière de consommation de substances, et criminaliser les drogues.
 

La combinaison d’attitudes et de perceptions personnelles, sociétales et structurelles où la stigmatisation est prévalente à l’égard des personnes qui consomment des substances peut jouer un rôle dans la manière dont les étudiants-es des métiers spécialisés abordent la demande d’aide et l’acceptation de l’aide. Pour lutter contre la stigmatisation, les attitudes et les messages que les étudiants-es devraient rencontrer sur le campus devraient introduire et renforcer la compréhension du fait que la consommation de substances n’est pas une faiblesse ou un échec moral et qu’il est toujours acceptable de demander de l’aide.

Suivez notre cours Plus forts ensemble pour apprendre à reconnaître, à répondre et à orienter les étudiants-es vers des services de soutien lorsqu’ils et elles sont confrontés à un problème de santé mentale sur le campus.

La réduction de la stigmatisation peut contribuer à un dialogue plus ouvert sur la santé mentale et le soutien à la consommation de substances (entre l’employeur et l’apprenti-e, ainsi qu’entre le personnel du campus et l’étudiant-e) et diminuer les pratiques à risque élevé (c.-à-d. la consommation de substances en étant seul-e) (Forum canadien sur l’apprentissage, 2023). Bien que certains signes et symptômes spécifiques puissent dépendre de la substance consommée, voici quelques signes plus généraux qu’une personne impliquée dans une consommation de substances à haut risque peut présenter :

  • baisse de la productivité
  • changements dans les relations (par exemple, conflits avec les collègues et les camarades de classe)
  • difficultés de concentration
  • diminution de la coordination, de la concentration, de la mémoire et des capacités motrices
  • changements de personnalité (par exemple, isolement, perte d’intérêt pour les activités, irritabilité)
  • diminution de l’état de santé général
Pleins feux sur

En Colombie-Britannique, le North Island College s’est associé au projet Walk With Me (Marche avec moi), qui vise à lutter contre la stigmatisation et à réduire les méfaits associés à la consommation de drogues et à l’empoisonnement par des substances toxiques. Composées de chercheurs-ses communautaires, de personnes ayant une expérience vécue, d’aînés-es/gardiens-nes du savoir, d’artistes et d’agents-es de sensibilisation, ces promenades narratives incitent les étudiants-es à écouter les expériences réelles de consommation de drogues et d’empoisonnement par les substances de tous les points de vue de la communauté.

Pour sensibiliser à la consommation responsable d’alcool, le Mohawk College a organisé « Mario Kart DUI » (Mario Kart conduite en état d’ivresse). Les étudiants-es ont testé leurs connaissances sur l’alcool et les stratégies de consommation responsable à l’aide d’un questionnaire, et ont reçu différents niveaux d’affaiblissement, tels que des lunettes d’ivrogne, en fonction de leurs résultats. Ils et elles ont ensuite joué à Mario Kart et à d’autres épreuves de sobriété, expérimentant directement l’impact de l’alcool sur la coordination et la prise de décision. L’événement a souligné l’importance de faire des choix éclairés et responsables en matière de consommation d’alcool.