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Un rapport du Forum canadien sur l’apprentissage (2023) indique que la stigmatisation perçue la plus courante qui empêche les apprentis-es des métiers spécialisés d’accéder à des mesures de soutien en matière de consommation de substances est la crainte de la réaction potentielle de leur milieu de travail:

60% pie chart

60 % des personnes interrogées
craindraient les conséquences
si leur employeur l’apprenait

62% pie chart

62% craignent que leurs
collègues et leur employeur
les jugent

53% pie chart

53 % ont déclaré que le fait de devoir
demander de l’aide leur donnerait
l’impression qu’ils et elles ne sont
pas assez forts-es pour faire quelque
chose par eux- mêmes/elles-mêmes

50% pie chart

50 % ont déclaré qu’ils
et elles craindraient que leurs
amis-es et leur famille découvrent
qu’ils et elles cherchent de l’aide

Une vision néfaste des gens des métiers spécialisés est que, compte tenu de la nature de leur profession, ils doivent être « durs » et « forts » et ne peuvent faire preuve d’aucune « faiblesse » parce que leur futur gagne-pain en dépend, ce qui, dans certains cas, peut être intériorisé. L’intériorisation de ces perceptions néfastes rend un individu plus vulnérable aux effets négatifs sur la santé (par exemple, les accidents et les blessures en milieu de travail) et perpétue la personnification de la masculinité toxique (Howe et al., 2023).

La masculinité toxique est définie comme un ensemble d’attitudes et de comportements stéréotypés associés aux hommes et/ou attendus d’eux (c’est-à-dire des croyances et des comportements offensants et nuisibles). Dans le cadre de la masculinité toxique, la dureté et la force sont valorisées, tandis que les problèmes de santé mentale et le fait de demander de l’aide sont considérés comme des faiblesses personnelles. Ce type de socialisation encourage la compétition entre les hommes, crée des conflits entre les hommes et les femmes et nourrit l’homophobie (American Psychological Association, 2018). Il est néfaste tant sur le plan identitaire que relationnel car il impose des mentalités et des comportements qui peuvent avoir un impact négatif sur l’estime de soi et limiter les relations interpersonnelles et les liens sociaux (Gouvernement du Québec, 2021).

La masculinité toxique comporte 3 éléments fondamentaux (Parkhill & Ray, 2021) :

Dureté :
les hommes doivent
être physiquement et émotionnellement forts
Anti-féminité :
les hommes doivent rejeter
tous les comportements
traditionnellement féminins,
comme montrer des émotions
ou demander de l’aide
Pouvoir :
les hommes doivent obtenir un statut social et financier pour gagner le respect des autres

Illustration of man flexing bicep
Une étude portant sur des hommes âgés de 18 à 25 ans a révélé que plus les hommes se conformaient aux normes masculines relevant de la masculinité toxique (c’est-à-dire le contrôle émotionnel, l’autonomie et la représentation hétérosexuelle), moins ils étaient susceptibles d’adopter un comportement de recherche d’aide (Maher, 2022). L’un des principaux risques de se conformer à ces normes de masculinité toxique est le suicide, ce qui indique que la conformité à ces traits expose les hommes à un risque plus élevé d’idées suicidaires (Maher, 2022).

Les phrases courantes de masculinité toxique que l’on peut voir dans les métiers spécialisés comprennent :

  • Dire à ses camarades de classe ou à ses collègues d’ « arrêter de faire l’enfant » ou de « s’en remettre » dans des situations dangereuses.
  • Utiliser les phrases « ne fait pas ta fille » « ou « les hommes ne pleurent pas » en cas d’émotions.
  • Justifier un comportement inapproprié en disant « les garçons sont des garçons »
  • Utiliser les mots « garçon manqué » ou « princesse » pour décrire une femme dans les métiers spécialisés

La masculinité toxique peut empêcher les hommes de reconnaître leurs propres besoins en matière de santé mentale et de bien-être et les décourager de rechercher un soutien lorsqu’ils en ont besoin. La création d’un environnement au sein des métiers spécialisés qui permet aux hommes de se débarrasser de ces comportements de masculinité toxique, d’apprendre et de s’appuyer sur leurs compétences émotionnelles et relationnelles, et de changer leurs modèles de comportement leur permet de s›épanouir à la fois sur le plan personnel et professionnel. Le soutien et l›encouragement à l›expression émotionnelle et à la discussion ouverte remettent en question la masculinité toxique et offrent un espace pour s›engager dans des comportements de recherche d›aide.

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Masculinité toxique