Automutilation non suicidaire (ANS)
Le comportement d’automutilation est désigné cliniquement par le terme d’ « automutilation non suicidaire », qui sera utilisé de manière interchangeable avec le terme « automutilation » dans cette section. Il est défini comme « le fait de se couper, de se brûler, de se frapper, de se frotter ou d’infliger des dommages aux tissus corporels de manière répétée pour des raisons non approuvées par la société, mais pas dans le cadre d’une tentative de suicide et ne comprend pas les manipulations corporelles (telles que les perçages ou les tatouages) » (Guerdjikova et al., 2014, p. 326).
L’automutilation est une stratégie d’adaptation inadaptée, souvent utilisée pour réguler des émotions pénibles, comme forme d’autopunition ou comme moyen de résister à une tentative de suicide potentielle (Klonsky & Muehlenkamp, 2007). Bien que les étudiants-es puissent adopter des comportements d’automutilation sans intention suicidaire, il convient de noter que ces comportements peuvent indiquer un risque de suicide, qui doit être évalué de manière approfondie par un-e professionnel-le de la santé mentale qualifié-e.
RÉFLEXION :
Avez-vous des idées préconçues sur l’automutilation? Comment certaines pratiques d’automutilation peuvent-elles passer inaperçues ?
Les conclusions des études suivantes peuvent être prises en considération pour soutenir les étudiants-es en cas d’automutilation:
- L’automutilation est plus fréquente chez les étudiants-es 2SLGBTQIA+ que chez leurs pairs-es cisgenres et hétérosexuels-les (Reddy et al., 2016).
- Cette disparité peut être expliquée par la théorie du stress des minorités, qui postule que les inégalités de santé subies par les membres des minorités sexuelles sont en partie dues à un excès de stress sous la forme de stigmatisation et de honte intériorisée, à l’attente d’événements discriminatoires et à l’oppression structurelle. Certains-es réagissent à ces conditions en recourant à l’ANS comme stratégie d’adaptation (Reddy et al., 2016).
- L’ANS présente également des niveaux élevés de comorbidité avec d’autres troubles et diagnostics de santé mentale (Baetens et al., 2024).
- On estime à 23 % le taux de prévalence de l’ANS au cours de la vie chez les étudiants-es de l’enseignement postsecondaire (Swannell et al., 2014).
- Les individus peuvent éviter de demander de l’aide en raison de la stigmatisation sociale, de la crainte que le comportement soit interprété comme une tentative de suicide et conduise donc à une hospitalisation, ou de l’inquiétude suscitée par d’éventuelles réactions de peur de la part d’autres personnes telles que les amis-es et la famille (Hasking et al., 2015).
