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L’approche de la réduction des méfaits face à l’ANS n’est pas une approbation ou un encouragement à l’automutilation. Elle accepte plutôt la difficile réalité que certaines personnes s’automutilent et qu’il existe des moyens de minimiser les risques auxquels elles sont confrontées, tout en les aidant à résoudre la détresse sous- jacente qui est à l’origine de leur comportement. Les objectifs de la réduction des méfaits liés à l’automutilation sont les suivants (Self Injury Support [SIS], n.d.-b):

  • se préparer à l’automutilation, par exemple en ayant à sa disposition des instruments propres et du matériel de premiers secours
  • essayer de ralentir le processus pour avoir le plus de contrôle possible
  • réfléchir à la plaie ou aux autres soins qui pourraient être nécessaires par la suite
  • essayer de maintenir des limites qui peuvent être gérées soi-même en toute sécurité

Les stratégies de réduction des méfaits sont souvent utilisées dans le cadre d’une approche de l’ANS centrée sur le/la client-e, car ces tactiques peuvent protéger le/la client-e contre les tentatives de suicide ou être
utilisées pour s’adapter à une dysrégulation émotionnelle importante ou à une crise (Inckle, 2011 ; Klonsky & Muehlenkamp, 2007). Bien qu’il y ait peu d’études portant directement sur la réduction des méfaits appliquée aux comportements de l’ANS, elle est souvent utilisée en conjonction avec d’autres outils thérapeutiques pour « rencontrer l’individu là où il en est » dans son rétablissement (Guerdjikova et al., 2014 ; Inckle, 2011). Bien que l’objectif d’un traitement clinique soit probablement d’arrêter complètement l’automutilation, il est important de reconnaître que de nombreuses personnes ne se sentent pas prêtes à supprimer un mécanisme d’adaptation qui s’est avéré efficace pour elles, et que de plus petites étapes peuvent être nécessaires pour progresser vers leurs objectifs.

Pour soutenir une personne qui s’automutile, il est essentiel de comprendre la fonctionnalité des comportements d’automutilation pour cette personne (Guerdjikova et al., 2014 ; McKenzie & Gross, 2014). L’élaboration d’un répertoire d’alternatives à l’automutilation, l’amélioration des capacités d’adaptation et une thérapie spécialisée axée sur la régulation émotionnelle et la tolérance à la détresse sont des interventions importantes à proposer. Les alternatives à l’automutilation fondées sur la réduction des méfaits peuvent inclure (SIS, n.d.-b):

  • retarder l’automutilation en prenant conscience des éléments déclencheurs
  • créer un « espace sûr » sans outils d’automutilation où aller/s’asseoir lorsque l’envie se fait sentir
  • conserver les outils d’automutilation dans des endroits difficiles d’accès
    • Par exemple, l’outil de la « règle des 15 minutes » permet de retarder et de réduire l’automutilation
  • prendre conscience de la manière dont l’automutilation se produit et de l’endroit où elle se produit afin de réduire les risques
    • De petites étapes peuvent consister à utiliser du matériel propre, à réduire la durée de la blessure, à réduire la taille de la blessure ou à éviter les principaux vaisseaux sanguins et les artères.
  • se distraire ou déplacer l’envie de s’automutiler, par exemple en tenant un glaçon dans la main ou sur le poignet (SIS, n.d.-a)

La réduction des méfaits doit également inclure la planification des soins ultérieurs, y compris la recherche d’une assistance médicale si la blessure est importante. Si un-e étudiant-e se présente à un rendez-vous de santé mentale avec des blessures importantes, il ou elle doit être dirigé-e vers la ressource appropriée pour le triage et les soins médicaux (par exemple, les services de santé des étudiants-es, le service des urgences).

Recommandations

Checkmark Mettre à la disposition des étudiants-es des informations sur les ressources de crise, les soins d’urgence locaux ou les services d’urgence s’ils et elles ont besoin d’un soutien en dehors des heures de bureau.

  • Cela est particulièrement important pour les étudiants-es en position de leadership, ainsi que pour les programmes de soutien par les pairs, où d’autres étudiants-es peuvent être le premier point de dévoilement de l’ANS (Baetens et al., 2024).
Checkmark Fournir une formation complète sur la manière de réagir aux dévoilements d’automutilation pour éviter la stigmatisation sociale, encourager des relations compatissantes avec les pairs, prendre conscience de la portée et des limites du soutien afin d’orienter les étudiants-es vers les ressources les plus appropriées et les plus efficaces (par exemple, la mise en place de lignes d’écoute téléphonique locales et nationales, qui peuvent être mises à la disposition des étudiants-es s’ils et elles ont besoin d’un soutien en dehors des heures de bureau).
Checkmark Les campus devraient investir dans des groupes et des campagnes dirigés par des pairs, mais soutenus par des professionnels-les (Abou Seif et al., 2022).
Checkmark Le personnel et le corps enseignant devraient être équipés pour réagir avec compassion, valider l’expérience de l’étudiant-e et s’enquérir de son bien-être général et de son réseau de soutien (Baetens et al., 2024).
Checkmark Le personnel de première ligne doit bien connaître les signes et les symptômes de l’automutilation et savoir dépister les pensées suicidaires potentielles.
Checkmark Il doit également savoir évaluer la volonté de changement, appliquer des techniques de réduction des méfaits axées sur l’étudiant-e (et fondées sur l’évaluation du risque de suicide), ainsi qu’un traitement de la dysrégulation émotionnelle et des stratégies de renforcement des compétences fondé sur des données probantes et tenant compte des traumatismes.

Resources

Comment soutenir une personne qui vous a dévoilé qu’elle s’automutilait, y compris les questions et réponses possibles:

Autres ressources susceptibles d’être utiles aux étudiants-es:

Ressources spécifiques au personnel clinique:


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Réduction des méfaits et automutilation