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Le traitement des troubles de conduites alimentaires peut varier considérablement et dépend généralement de la gravité de la maladie et des comportements qui l’accompagnent. Il peut s’agir, entre autres, de counseling, de groupes (y compris de soutien par les pairs), d’un soutien résidentiel, d’un soutien ambulatoire dans le cadre de programmes hospitaliers spécialisés et d’un traitement intensif en milieu hospitalier (National Eating Disorder Information Centre [NEDIC], n.d.). La réduction des méfaits peut être intégrée à tous les stades du traitement, et les personnes qui ont tenté plusieurs traitements intensifs sans grand succès peuvent bénéficier d’une approche de réduction des méfaits, qui favorise la qualité de vie et le choix du client (Westmoreland & Mehler, 2016). Toutefois, cette approche peut comporter des risques importants et doit être abordée avec prudence, expertise et, si nécessaire, des consultations bioéthiques (Bianchi et al., 2021; Westmoreland & Mehler, 2016).

Il existe très peu de données empiriques sur les approches de réduction des méfaits dans le domaine des troubles de conduites alimentaires. En raison de la létalité potentielle des troubles de conduites alimentaires, des considérations éthiques complexes s’appliquent à la conduite de la recherche, notamment l’évaluation du consentement et l’impact potentiel des troubles de conduites alimentaires sur la cognition (Bianchi et al., 2021). L’anorexie en particulier présente les taux de mortalité les plus élevés de tous les diagnostics psychiatriques (Auger et al., 2021). Les troubles de conduites alimentaires doivent donc être abordés avec le soutien de professionnels-les de la santé mentale qualifiés-es et spécialisés-es, avec éventuellement un suivi médical régulier ou la participation d’une équipe de santé interdisciplinaire (Bianchi et al., 2021). Les pratiques de réduction des méfaits dans le contexte des troubles alimentaires ne constituent donc pas un objectif final, mais peuvent faire partie du processus de rétablissement en fonction de la gravité et de la capacité.


Le webinaire Harm Reduction for Eating Disorders organisé par le Victorian Centre of Excellence in Eating Disorders examine quand et où les approches de réduction des méfaits sont appliquées dans le contexte du traitement des personnes souffrant de troubles de conduites alimentataires.


Pratiquement toutes les stratégies d’autocompassion peuvent contribuer à réduire les méfaits des troubles de conduites alimentaires (ACSM, 2022). Ces stratégies peuvent être les suivantes:

  • Pour l’anorexie – utiliser des suppléments nutritionnels (Boost, Ensure) pour répondre aux besoins nutritionnels de base ; viser des périodes de jeûne moins longues
  • Pour la boulimie – s’efforcer d’espacer les périodes d’hyperphagie ou de purge ; se faire examiner régulièrement par un dentiste
  • Pour l’hyperphagie boulimique – ne pas garder d’aliments à risque dans la maison ; ne consommer des sucreries ou des friandises qu’après un repas sain
  • Pour tout trouble de conduites alimentaires
    • Explorer les objectifs de rétablissement sans abstinence
    • Se concentrer sur la qualité de vie et non sur le trouble de conduite alimentaire
    • Éviter ou limiter l’utilisation des médias sociaux
    • Distraction ; s’adonner à des activités ou à des passe-temps amusants pour ne pas penser à la nourriture ou au corps
    • Autoriser les comportements liés aux troubles de conduites alimentaires à des moments précis
    • Explorer les options pour les choses qui peuvent être raisonnablement contrôlées
    • Retirer les pèse-personnes de la maison ou limiter les occasions de se peser
    • Construire un réseau sain d’amis-es, de collègues, de voisins-es
    • Chercher à obtenir du counseling ou un soutien pour faire face au stress ou aux expériences de la vie (traumatismes, abus, relations, etc.)
    • Éviter les discussions émotionnellement intenses pendant les repas
    • Faire preuve de créativité dans les activités à l’heure des repas (par exemple, soirées
      à thème, jeux) et éviter les conflits ou de regarder les nouvelles
    • Prendre des cours de cuisine ou apprendre à cuisiner pour le plaisir de l’activité et non pour celui de manger
    • Se soumettre à des examens médicaux réguliers

Ressources


RÉFLEXION :

De quelle manière les normes de beauté perpétuées par le colonialisme et la suprématie blanche peuvent-elles influencer les troubles de conduites alimentaires ?

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Réduction des méfaits et troubles de conduites alimentaires