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Pour beaucoup, les comportements liés aux troubles de conduites alimentaires peuvent être considérés comme une forme d’automutilation non suicidaire (Washburn et al., 2023). Bien que l’utilisation du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-5) comme base de compréhension des troubles de conduites alimentaires fasse l’objet de critiques importantes, il est important de comprendre comment le domaine médical les catégorise. Le DSM-5 comprend l’anorexie mentale (AM), l’hyperphagie boulimique (BED) et la boulimie (B) (APA, 2013). Le tableau ci-dessous donne un bref aperçu des symptômes de chaque trouble:

Diagnostic Symptômes
Anorexie mentale Restriction de l’apport calorique, peur intense de prendre du poids, distorsions de l’image de soi et de la gravité de son état
Hyperphagie boulimique Épisodes récurrents d’hyperphagie boulimique, manque de contrôle lors de l’ingestion d’aliments, ingestion d’aliments jusqu’à ce que l’individu soit inconfortablement rassasié en peu de temps
Boulimie Épisodes de frénésie alimentaire suivis de comportements compensatoires, qui peuvent inclure l’utilisation de laxatifs, d’exercices physiques intenses ou de purges pour « compenser » la nourriture consommée

Des enquêtes distribuées à des étudiants-es fréquentant 41 établissements de niveau postsecondaire canadiens ont indiqué que 2,6 % des répondants-es avaient reçu un diagnostic de troubles de conduites alimentaires au cours de la dernière année, plus précisément d’anorexie mentale ou de boulimie (American College Health Association [ACHA], 2016). Étant donné le faible taux de réponse à cette étude, ce chiffre pourrait être plus élevé ; d’autres données suggèrent qu’il pourrait atteindre 5 % dans les universités (Stuckless, 2023). En outre, la plupart de ces données sont antérieures à la pandémie de COVID-19, qui a probablement eu un impact important sur le développement et le maintien des troubles de conduites alimentaires en raison de ses effets sur les prix des denrées alimentaires, la sécurité des revenus et la santé mentale en général, d’autant plus que ces facteurs de stress sociétaux se sont poursuivis jusqu’à aujourd’hui (Barry et al., 2021).

De nombreux facteurs importants doivent être pris en compte lorsqu’il s’agit d’aborder les troubles de conduites alimentaires sur les campus de niveau postsecondaire, notamment (mais pas exclusivement): les expériences des étudiants-es athlètes (notamment dans les sports axés sur le poids ou la taille qui dépendent du maintien d’un type de corps spécifique), l’impact des facteurs de stress financiers et de la sécurité alimentaire, ainsi que la disponibilité et l’accessibilité des services spécialisés dans les troubles de conduites alimentaires (Barry et al., 2021 ; Bianchi et al., 2021 ; Byrom et al., 2022). De nombreux-ses étudiants-es de l’enseignement postsecondaire sont confrontés-es à des difficultés financières qui les empêchent d’avoir accès à des aliments nutritifs ou à des soins privés spécialisés, ce qui contribue au développement et au maintien de troubles de conduites alimentaires (Barry et al., 2021).

Termes à connaître – Orthorexie et anorexie athlétique
Le terme « orthorexie » est utilisé pour décrire un ensemble de comportements axés sur la consommation d’aliments considérés comme « sains » ou « naturels », avec peu de flexibilité. Par ailleurs, le terme « anorexie athlétique » a été utilisé de manière informelle pour décrire une préoccupation pour l’exercice physique en tant que méthode de maintien ou de perte de poids. Il ne s’agit pas de termes cliniques à proprement parler, mais ils sont néanmoins utilisés pour décrire des troubles spécifiques du comportement alimentaire – en particulier pour les personnes travaillant dans les services de santé mentale de l’enseignement post-secondaire qui peuvent rencontrer ces termes lorsqu’elles travaillent avec leurs clients-es (NEDIC, n.d.).