On parle de comportement sexuel compulsif (CSC) (anciennement connu sous le nom d’hypersexualité, de dépendance sexuelle et de comportement sexuel incontrôlé) lorsqu’une personne éprouve des impulsions ou des pulsions sexuelles qui sont répétitives, difficiles à contrôler en intensité et qui entraînent une déficience ou une détresse dans différents domaines de la vie (personnel, professionnel, social ou familial) (Marchetti, 2023). Une distinction importante est que la détresse est moins mesurée par l’expérience émotionnelle potentielle de la honte, mais plutôt par l’intensité des pulsions et le fait qu’elles entravent la vie quotidienne.
Le CSC commence généralement à se développer à la fin de l’adolescence ou au début de l’âge adulte (pendant la période post-secondaire). Aux États-Unis, le taux de prévalence au cours de la vie se situe entre 3 et 6 % (Kuzma & Black, 2008) ; toutefois, il n’y a pas suffisamment d’études menées sur ce sujet pour déterminer la véritable prévalence. En outre, la nature taboue du sujet fait que moins de personnes s’expriment sur les comportements susceptibles de correspondre au CSC. Pour satisfaire leurs besoins, les personnes souffrant de CSC se tournent le plus souvent vers la masturbation, la pornographie, le cybersexe, les bars de danseuses et les relations sexuelles avec divers partenaires (anonymes ou non) (Derbyshire & Grant, 2015).
Les principales caractéristiques du CSC sont les suivantes :
- activité sexuelle fréquente et poursuite malgré les effets négatifs
- sentiment que le comportement et les pensées sexuelles sont incontrôlables
- détresse due à des conséquences sanitaires (p. ex. maladie sexuellement transmissible, grossesse non désirée, santé mentale), financières, professionnelles et/ou sociales
Il est important de noter qu’une libido élevée n’est pas un indicateur définitif de CSC. La pulsion sexuelle est comparable au sommeil et à l’appétit : c’est un élément naturel de la vie et de l’existence. En particulier dans l’enseignement post-secondaire, les étudiants-es entrent dans une période où ils et elles peuvent expérimenter leur sexualité et les raisons qui les poussent à le faire peuvent varier.
Les raisons qui poussent un individu à se livrer à un CSC peuvent être variées et tout « signe » doit être évalué de manière holistique, en relation avec les expériences de vie uniques de l’individu. Par exemple, divers degrés d’impulsivité et d’augmentation des comportements sexuels peuvent être associés à la consommation de substances, à des épisodes maniaques, à des conditions médicales telles que des tumeurs cérébrales, ainsi qu’à des médicaments qui augmentent la dopamine (Fong, 2006).
Les personnes qui sont aux prises avec un CSC sont également susceptibles d’être aux prises avec des troubles liés à la toxicomanie, à l’anxiété, à l’humeur ou à des troubles obsessionnels compulsifs (Ballester-Arnal et al., 2020). Les abus sexuels durant l’enfance peuvent également constituer un facteur de risque (Slavin et al., 2020).
Voici quelques moyens de soutenir les étudiants-es qui rencontrent des difficultés avec un CSC:
- éducation sur le consentement et les pratiques sexuelles sûres telles que l’utilisation de préservatifs, le dépistage des infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS), les pratiques qui minimisent les infections des voies urinaires (IVU) et les options en matière de contraception
- allouer un temps limité à la consommation de pornographie ou à la masturbation afin d’en réduire la fréquence
- allouer un budget en cas de visites fréquentes dans des bars de danseuses, d’abonnements à des sites web à caractère sexuel ou d’accès à des travailleurs-ses du sexe (en personne ou virtuellement)
- créer des routines et des liens sociaux avec des pairs, des amis-es et des membres de la famille pour s’assurer un soutien
- tenir un journal ou suivre le CSC afin d’en comprendre les déclencheurs, la fréquence et les circonstances
- réduire au minimum la consommation de substances ou d’alcool
- soutiens psychosociaux pour fournir une structure, une responsabilisation et une communauté
RÉFLEXION :
De quelle manière pouvez-vous montrer aux étudiants-es que vous êtes une personne sûre et sans jugement à qui parler de sujets tels que le sexe et la pornographie? Quelles sont vos limites? (En termes de soutien, de sujets abordés ou de niveau de confort).
Ressources
- Sex and Love Addicts Anonymous Ontario
- Sex Addicts Anonymous
- Association of Sex Therapy in Ontario
- Hypersexuality Community Resources by CAMH
- Fiche d’information du CISMC sur l’utilisation problématique de la pornographie, pour les étudiants-es
