Les étudiants-es sont confrontés-es à diverses circonstances de la vie qui peuvent constituer des facteurs de risque et de protection pour la consommation de substances dangereuses ou les comportements à risque. La façon dont une personne réagit à ces facteurs varie en fonction de sa situation unique et de sa biologie personnelle. Il est prouvé que la génétique joue un rôle dans la vulnérabilité de certaines personnes au développement d’une dépendance, mais elle ne permet pas de le prédire définitivement (Hatoum et al., 2022 ; 2023). Le stress de la vie et le stress traumatique sont tout 2 associés à une augmentation de la consommation de substances et/ou des comportements à risque (Broman, 2005). Il peut s’agir de:
- stress financier – pauvreté ou instabilité des revenus, endettement, perte d’emploi (Price, 2022)
- stress académique – obtention d’un diplôme, échec à un cours, augmentation de la charge de cours, transition (Pascoe et al., 2019)
- stress social – essayer de s’intégrer, se sentir seul-e, conflit familial (Strickland & Acuff, 2023)
- stress lié aux minorités – les groupes minoritaires subissent un stress lié à la stigmatisation et à la discrimination fondées sur l’identité (Felner et al., 2020).
- maltraitance des enfants, victimisation, oppression, traumatisme intergénérationnel (Moustafa et al., 2021 ; Tang et al., 2024)
- accidents et blessures, en particulier ceux qui entraînent une situation de handicap, y compris des douleurs chroniques (Hartz et al., 2022 ; Hoffman et al., 2024)
- guerre, conflit, violence
Les personnes qui luttent contre leur consommation de substances ou d’autres comportements à risque souffrent souvent de troubles mentaux concomitants, notamment de dépression, d’anxiété, de troubles obsessionnels compulsifs (TOC), de troubles déficitaires de l’attention avec hyperactivité (TDAH), de troubles de stress post- traumatique (TSPT), etc. (Substance Abuse and Mental Health Administration, 2024). On estime que plus de 20 % des personnes souffrant de troubles mentaux présentent un trouble concomitant de consommation de substances (Rush et al., 2008). Ce chiffre peut atteindre 50 % pour les personnes atteintes de schizophrénie (Buckley et al., 2009).
Un autre facteur de risque pour la consommation de substances ou les comportements à risque chez les jeunes est le fait de faire partie d’environnements sociaux où la consommation de drogues ou les comportements compulsifs sont encouragés ou normalisés, en particulier à un jeune âge, par les pairs ou les personnes qui s’occupent des enfants. Les attitudes liées aux drogues, aux jeux de hasard et d’argent, au magasinage, à la pornographie et autres sont diffusées par les médias sociaux, les médias populaires et les réseaux de pairs.
Les comportements compulsifs dans le contexte des dépendances font référence à des comportements répétitifs et potentiellement incontrôlables qui se produisent malgré les conséquences négatives (Heinz., et al, 2024).
Inversement, il existe plusieurs facteurs de protection qui peuvent réduire la probabilité de méfaits liés à la consommation de substances ou à des comportements à risque (Cannabis Health Evaluation and Research Partnership [CHERP], 2024). Ils agissent à plusieurs niveaux:
- individuel – compétences d’adaptation saines pour la régulation émotionnelle et la gestion du stress ; image de soi positive et haute estime de soi ; comportement de recherche d’aide en cas de besoin de soutien
- familial – famille d’origine chaleureuse et solidaire qui répond aux besoins physiologiques et émotionnels de base, y compris une supervision adaptée au développement de l’enfant
- au sein de l’école – relations avec des adultes fiables et encourageants ; relations avec les pairs qui favorisent un comportement et des normes pro-sociaux
- au sein de la communauté – possibilités régulières de loisirs et de jeux ; programmes et infrastructures pour les jeunes, y compris les services de santé mentale, qui sont accessibles
