Qu’est-ce que la réduction des méfaits?
La réduction des méfaits est plusieurs choses à la fois. Il s’agit d’un mouvement, d’une approche philosophique de l’établissement de relations, et d’un ensemble de stratégies concrètes qui peuvent contribuer à réduire les effets néfastes potentiels sur la santé et la société de certains comportements, notamment la consommation de substances, les jeux de hasard et d’argent, le travail du sexe, etc.
Notamment utilisée dans le contexte de la consommation de substances et des dépendances, la réduction des méfaits est surtout connue comme un mouvement de justice sociale fondé sur la croyance et le respect des droits des personnes qui consomment des drogues (National Harm Reduction Coalition [NHRC], 2020).
En tant que philosophie interpersonnelle, la réduction des méfaits est une approche qui permet d’établir des relations de soins et de soutien, en particulier avec les personnes qui consomment des drogues ou dont les activités sont marginalisées, criminalisées et/ou stigmatisées (par exemple, le travail du sexe). Les principes fondamentaux de la réduction des méfaits nous invitent à rencontrer les autres « là où ils et elles en sont », sans jugement, avec une curiosité compatissante et en comprenant que les gens font des choix pour des raisons qui s’adaptent souvent à leur situation. En d’autres termes, la consommation de drogues et d’autres comportements potentiellement dangereux servent souvent un objectif important pour les gens.
La réduction des méfaits est également un ensemble de stratégies pratiques visant à réduire les conséquences potentiellement négatives ou néfastes de certains comportements, sans attendre de la personne qu’elle s’abstienne complètement de ces comportements. Il s’agit d’un « ensemble de principes et de procédures à la fois pragmatiques et compatissants » qui reconnaît que de nombreuses personnes continueront à consommer des drogues et à adopter des comportements à risque malgré les efforts de prévention (Marlatt, 1996, p. 779). Elle admet également que de nombreuses personnes ne veulent pas, ou ne peuvent pas, chercher et accéder à un traitement, et que d’autres n’ont peut-être pas besoin de traitement mais bénéficieraient néanmoins de pratiques de réduction des méfaits.
L’approche de la réduction des méfaits donne la priorité à l’éducation – sur les méfaits et les options possibles pour les réduire ou les éliminer – et au respect de l’autonomie de la personne. Dans ce cadre, les personnes sont encouragées à établir leurs propres objectifs en matière de santé et de bien-être et sont aidées à prendre « toutes les mesures qui s’imposent » pour les atteindre (Logan & Marlatt, 2010, p. 201).
Enfin, la réduction des méfaits met l’accent sur la nécessité de s’attaquer et de se concentrer sur les vulnérabilités spécifiques des groupes marginalisés, en reconnaissant que les méfaits sont souvent concentrés en fonction des déterminants sociaux de la santé (revenu, origine raciale, identité sexuelle et de genre, statut d’immigrant, etc.)
