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Comment allez-vous en ce moment ? Que pensez-vous de vos amis-es et des personnes qui vous entourent ? La première partie de cette trousse d’outils va se concentrer sur ces questions. Avant de pouvoir établir un plan d’action (une liste de choses à faire pour passer de là où nous sommes à là où nous voulons être), nous devons nous arrêter, regarder autour de nous et prendre conscience de notre situation actuelle.

Une façon de commencer ce processus est la cartographie de votre réseau (« Pod-Mapping »). Le « Pod- Mapping » est un exercice qui vous aide à mieux comprendre tous les éléments et toutes les personnes qui composent votre réseau de soutien. Qu’il s’agisse d’amis-es, de membres de votre famille, de professionnels les de santé, de camarades de classe ou de personnes sur le campus, cet exercice de réflexion vous permet de visualiser leur place par rapport à vous. Développé à l’origine par la militante pour les droits des personnes en situation de handicap Mia Mingus (2016), cet exercice a pour but de vous aider à construire et à renforcer votre communauté.

La cartographie de votre réseau peut vous aider à comprendre qui est proche de vous, qui vous aimeriez intégrer à votre cercle intime et quelles lacunes vous pourriez envisager de combler.

Nous parlons parfois de notre « communauté de soutien », mais qu’entendons-nous vraiment par là ? Qui compose cette communauté ? Cet exercice peut vous aider à mieux comprendre où vous en êtes.

Vous trouverez ci-dessous la feuille de travail et des instructions détaillées sur la manière de réaliser une cartographie de votre réseau.

Pourquoi est-ce important ?

Nous avons tous des besoins différents en matière de relations. Certaines personnes aiment avoir quelques amis es proches, d’autres préfèrent entretenir un vaste réseau de connaissances. Il existe une infinité de combinaisons de relations intimes et distantes. Les réseaux de soutien sont composés d’un large éventail de personnes avec lesquelles vous pouvez interagir sur le plan professionnel ou personnel. Certaines personnes de votre réseau peuvent être très spécifiques à un événement ou à un lieu, tandis que d’autres peuvent être vos interlocuteurs trices privilégiés-es dans un large éventail de circonstances. Cependant, si nous ne comprenons pas clairement qui nous avons près de nous et qui, peut-être, manque à l’appel, il sera beaucoup plus difficile d’amener notre cercle là où nous le souhaitons.

Vous constaterez également que la carte de votre réseau évolue constamment, à mesure que les personnes entrent et sortent de votre vie et que les besoins de chacun-e changent. Ne vous souciez pas de la rendre parfaite ou ordonnée. Faites en sorte qu’elle ait du sens pour vous.

Une fois cet exercice terminé, passons à la section suivante où nous aborderons la manière de créer des relations (attirer des personnes dans votre cercle), de réparer des relations (les déplacer dans votre cercle) et de mettre fin à des relations (les supprimer de votre cercle).

Feuille de travail

Comment vous sentez-vous après avoir terminé cet exercice ?

Arrêtez-vous un instant, respirez profondément et réfléchissez à ce que cet exercice de cartographie de votre réseau vous a fait ressentir. Peut-être vous sentez-vous neutre (c’est correct !), mais peut-être que cet exercice a fait remonter des choses en vous – c’est tout à fait normal et acceptable ! Passer systématiquement en revue les personnes qui font partie de votre vie n’est pas un simple exercice de collecte de données. Cela demande de l’honnêteté et de la vulnérabilité. Soyez patient-e, gentil-le et compatissant-e envers vous-même lorsque vous ressentez ce qui vous vient à l’esprit. Si vous avez besoin de parler à quelqu’un, pensez à utiliser les ressources suivantes :

Pour plus d’informations sur la régulation émotionnelle, consultez cette fiche d’information.

TABLEAU – Demander de l’aide à votre cercle

Myung rencontre son conseiller, Sean. Son premier semestre à l’université touche à sa fin et son conseiller souhaite faire le point avec lui. Alors que Myung s’installe dans l’un des fauteuils du bureau de Sean, il se penche légèrement en arrière. Sean fronce les sourcils et se penche par-dessus le bureau.

« Hé, qu’est-ce qui se passe ? Des problèmes à l’école ou autre chose ? »

Myung ferme les yeux pendant une seconde. « Autre chose, je suppose. Techniquement. Mon travail de recherche. »

Sean se rassied. « Le professeur Call te pose des problèmes ? »

« Non, en fait. C’est ma collègue. » Myung décrit ensuite en détail à quel point il est devenu difficile de travailler avec Tatiana, l’autre étudiante qui effectue des recherches pour le professeur Call. Tatiana a insisté dès le début sur le fait qu’elle n’avait pas besoin de l’aide de Myung, ni pour ses projets ni pour la révision de son travail. Mais, explique Myung, lorsqu’il fait ce que Tatiana lui demande et ne propose pas son aide, se concentrant uniquement sur son propre travail, elle semble se fâcher contre lui. Elle ne le regarde pas dans les yeux, lui parle par-dessus son épaule au lieu de lui parler face à face, et lui répond de manière laconique. Presque brusque, en fait. Myung ne sait pas quoi faire.

« Je serais ravi de l’aider !, explique-t-il à Sean. Nous travaillons sur des projets vraiment intéressants, mais la charge de travail est importante. J’aurais certainement besoin de son aide parfois. Mais je ne me sens pas capable de lui demander de l’aide, car elle m’a dit qu’elle ne voulait pas de mon aide. Mais j’ai l’impression qu’elle me déteste ? Et travailler au bureau est devenu tellement difficile. Je déteste ça. Je ne peux pas lire dans ses pensées ET respecter ce qu’elle m’a demandé de faire. On ne peut pas tout avoir ! »

Sean hoche lentement la tête. « Si j’étais à ta place en tant qu’étudiant, j’aurais probablement fait la même chose. Mais maintenant, après avoir occupé plusieurs emplois et côtoyé différents types de collègues, je ferais peut-être les choses un peu différemment. Tu veux que je te donne quelques conseils ? Si ce n’est pas le cas, pas de problème. Je peux certainement te témoigner ma sympathie. Cela semble très frustrant. »

Myung secoue la tête et explique que non, il aimerait vraiment avoir quelques conseils, s’il te plaît et merci. Sean sourit et hoche la tête. « Écoute, dit-il. Quand tu ne peux pas être sûr de ce que quelqu’un ressent, mais que tu sais que ses sentiments ont un impact négatif sur le bien-être de tout le monde, tu as le droit de lui en parler. Pas en disant « hé, qu’est-ce qui ne va pas chez toi ? », mais plutôt « hé, j’ai l’impression que l’ambiance est tendue ici ces derniers temps. Je peux t’aider ? Ou tu as besoin de quelque chose ? ». Ton expérience n’est pas de leur responsabilité, mais la façon dont ils te traitent, OUI. En cas de doute, essaie peut-être de faire preuve d’une curiosité bienveillante. Tu as le droit de vouloir que les choses s’améliorent. »

Dans ce tableau, Myung cherche le soutien d’une des nombreuses personnes de son entourage pour faire face à une situation difficile au travail. Sean n’est peut-être pas un ami proche ou un membre de sa famille, mais il est tout de même en mesure de lui prodiguer des conseils et de le rassurer.

Un moment de réflexion…

Y a-t-il quelqu’un dans votre entourage à qui vous n’avez pas pensé demander de l’aide ? Pourquoi ?

Qu’est-ce qui a bien fonctionné dans cette interaction entre Myung et Sean ?