Quelques considérations liées au contexte de la COVID-19


La pandémie actuelle présente des difficultés inédites pour les étudiants et les étudiantes, tant sur le plan de leurs études que de leur vie personnelle. Voici quelques éléments à prendre en considération par les établissements d’enseignement.

La souplesse est de mise

Increased FlexibilityLes consignes obligatoires de distanciation physique perturbent grandement les activités de recherche. Certaines tâches de laboratoire ou de terrain (notamment la collecte de données grâce à des entrevues en personne) deviennent impossibles à réaliser, l’accès à certaines ressources est limité (par exemple, la bibliothèque ou certains logiciels en ligne non accessibles hors du campus) et la participation à des événements internationaux a été annulée en raison des restrictions de voyage. De plus, les étudiantes et les étudiants aux cycles supérieurs ont un accès limité à leur directeur ou leur directrice de recherche ainsi qu’aux différents comités pertinents, des ressources essentielles à la poursuite et à l’achèvement de leurs études. Dans ce contexte, il se peut que les directeurs et les directrices de recherche aient à jouer un rôle d’accompagnement plus marqué et à organiser des rencontres de partage d’information et de résolution de problèmes. De plus, plusieurs étudiantes et étudiants aux cycles supérieurs ont des personnes à charge et doivent actuellement s’occuper à temps plein des enfants de leur maisonnée. Il se peut qu’ils n’aient plus le temps ni la possibilité de se concentrer sans interruption, au cours des prochains mois, pour se consacrer à leurs travaux universitaires. Ces nouvelles réalités exigeront probablement un report des échéances prévues pour leurs projets et la fin de leur programme d’étude. Il est possible que les étudiants et les étudiantes aient également besoin de financement et d’aide financière d’urgence en plus de soutien supplémentaire pour appréhender un marché du travail incertain.

S’attaquer à l’iniquité

Address inequity challengesBien qu’il y ait toujours eu parmi la population étudiante des disparités explicables par différents facteurs,
la crise actuelle les exacerbera sans aucun doute. De plus, le coronavirus n’aura pas le même impact
sur toute la population étudiante de deuxième et de troisième cycles. Les personnes qui étaient déjà les
plus vulnérables seront doublement désavantagées. Avec la transition vers des cours virtuels, les étudiants et les étudiantes dont le financement dépend de leurs activités d’enseignement devront passer plus de temps à travailler et auront donc moins de temps pour leurs recherches. Ceux et celles qui vivent en situation de pauvreté et n’ont pas accès à l’Internet haute vitesse ou à un endroit calme pour travailler seront particulièrement touchés. Les comités d’embauche et de supervision et autres instances gérant l’attribution des bourses et des prix devraient encourager les candidats à expliquer leur situation particulière dans une lettre ou lors d’un entretien, selon le cas. On devrait considérer tout manquement justifiable à la productivité comme ne reflétant pas nécessairement la réelle capacité des personnes à répondre ou dépasser l’attente dans un contexte autre qu’une crise sanitaire mondiale.

Formules de cours hybrides

Puzzle PiecesMême s’il est très difficile, en raison de la pandémie, de prédire à quoi ressemblera le fonctionnement universitaire en 2020-2021, plusieurs établissements d’enseignement choisissent un modèle hybride pour les cours des cycles supérieurs. Dans certains cas, il pourrait y avoir des cours en ligne en direct ainsi qu’une présence sur le campus pour des activités en groupe de petite taille (moins de 15 personnes, par exemple). Dans d’autres cas, les cours seront donnés simultanément en ligne et en présentiel, donnant le choix aux étudiants de se rendre sur le campus ou non. Cette solution présente des avantages évidents pour les étudiants internationaux qui pourraient n’avoir d’autre choix que les cours virtuels s’ils sont retenus dans leur pays en raison des fermetures de frontières, des problématiques liées aux visas et des restrictions concernant les voyages.

Les programmes de cycle supérieur comptent généralement peu d’étudiants et impliquent d’avoir des discussions pour favoriser l’esprit critique et une prise de décision éclairée. Les directeurs et directrices de recherche doivent repenser la façon de tenir ces échanges de façon virtuelle, en tenant compte des différences de culture et de fuseau horaire. De même, les examens surveillés pourraient devoir être passés en ligne, ce qui peut représenter une source de stress considérable pour les étudiants et les étudiantes. Le corps professoral devrait envisager d’autres formes d’évaluation telles que des examens à la maison ou d’autres types de travaux.

Offrir davantage de soutien officiel et informel

Hands TogetherPendant cette période éprouvante, les étudiants et les étudiantes auront besoin d’un accès continu à du soutien scolaire et psychologique. Plusieurs établissements d’enseignement ont réussi une transition vers une offre de cybersanté mentale et leurs politiques et procédures peuvent servir d’exemple.[1]https://www.ccpa-accp.ca/wp-content/ uploads/2019/04/TISCGuidelines_Mar2019_EN.pdf[2]https://www.ocswssw.org/2020/03/20/covid-19- recommendations-for-social-workers-and-social-service-workers/[3]http://hemha.org/wp-content/uploads/2019/01/HEMHA-Distance-Counseling_FINAL2019.pdf Des groupes d’écriture de mémoire ou de thèse, des groupes d’entraide entre pairs, du counseling sur l’alimentation et le conditionnement physique pourraient aussi être envisagés, de même que des webinaires,
des événements virtuels et des plateformes de clavardage pour permettre aux étudiants et aux étudiantes de maintenir des liens sociaux et un engagement communautaire, même en l’absence des occasions traditionnelles de socialisation.

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